Frais de notaire et frais d’agence : tout comprendre pour votre achat immobilier

7 % : c’est la part des frais de notaire sur la plupart des transactions immobilières dans l’ancien, et ce chiffre ne bouge pas, que les frais d’agence soient réglés par l’acheteur ou le vendeur. Pourtant, la façon dont sont répartis ces fameux frais d’agence peut changer la note finale. Les accords entre vendeurs, acquéreurs et professionnels de l’immobilier dictent le mode de calcul, brouillant parfois les pistes au moment de signer.

La loi trace une frontière nette entre frais d’agence et frais de notaire, chacun obéissant à ses propres règles de calcul et d’imputation. Ignorer ces différences, c’est prendre le risque de se retrouver face à une dépense inattendue le jour J.

Frais de notaire et frais d’agence : quelles différences pour l’acheteur immobilier ?

Lors d’un achat immobilier en France, deux types de frais viennent s’ajouter au prix du bien : les frais de notaire et les frais d’agence. Chacun a sa logique, son mode de calcul, sa fiscalité. Pour l’acheteur, la différence n’est pas anodine.

Les frais de notaire regroupent principalement les droits de mutation, autrement dit, des taxes versées à l’État et aux collectivités. À cela s’ajoutent les émoluments du notaire, calculés selon un barème officiel, ainsi que d’autres frais annexes (déboursements). Pour un logement ancien, comptez entre 7 % et 8 % du prix de vente.

Les frais d’agence, eux, correspondent à la rémunération de l’agent immobilier pour sa mission d’intermédiation. Leur montant, fixé librement par l’agence, varie généralement entre 3 % et 8 % du prix du bien. Quand vous voyez la mention « prix FAI » (frais d’agence inclus) sur une annonce, cela signifie que ces honoraires sont compris dans le prix affiché. Ils peuvent être supportés par le vendeur ou par l’acheteur, selon ce qui a été décidé.

Voici les deux notions-clés à retenir pour bien lire une annonce immobilière :

  • Prix net vendeur : c’est ce que le vendeur empoche, hors frais d’agence.
  • Prix FAI : il inclut les honoraires de l’agence dans le prix affiché.

Ce distinguo n’a rien de théorique. Si les frais d’agence sont payés par l’acheteur, ils sont retirés de la base sur laquelle sont calculés les droits de mutation, ce qui réduit la part des frais notariés. S’ils sont à la charge du vendeur, ce n’est pas le cas. Résultat : la facture globale change, souvent de plusieurs milliers d’euros.

Qui paie quoi lors d’une transaction : acheteur, vendeur ou les deux ?

Dans une vente immobilière, la répartition des frais suit des règles précises. L’acquéreur prend en charge la majorité des frais de notaire : droits de mutation, émoluments, taxe de publicité foncière. Ces frais s’ajoutent au prix de vente, c’est-à-dire au montant hors frais affiché dans les annonces.

Le vendeur doit quant à lui s’acquitter d’autres obligations, détaillées ci-dessous :

    • Diagnostics immobiliers obligatoires
    • Impôt sur la plus-value immobilière (sauf résidence principale)
    • Prorata éventuel sur les charges de copropriété ou la taxe foncière

Le notaire effectue les ajustements nécessaires lors de la signature de l’acte authentique. En pratique, c’est aussi l’acquéreur qui règle la taxe de publicité foncière pour valider officiellement la mutation de propriété.

Pour ce qui est des frais d’agence, tout dépend du mandat. Si la mention “honoraires à la charge de l’acquéreur” figure sur l’annonce, ils s’ajoutent au prix net vendeur et allègent la base taxable. Dans le cas contraire, l’acheteur paie le prix FAI et c’est ce montant qui sert de référence pour le calcul des droits de mutation, les frais d’agence étant alors supportés par le vendeur.

Ce tableau récapitule la répartition classique des principaux frais lors d’un achat immobilier en France :

Poste Acquéreur Vendeur
Frais de notaire Oui Non
Frais d’agence Selon mandat Selon mandat
Diagnostics immobiliers Non Oui
Taxe foncière (prorata) Oui Oui
Impôt sur la plus-value Non Oui (hors résidence principale)

À noter : certaines dépenses spécifiques, comme les frais de déménagement, les travaux de rénovation ou des charges individuelles, font l’objet de discussions au cas par cas entre le vendeur et l’acheteur.

Comprendre le calcul des frais : méthodes, exemples et points de vigilance

Le calcul des frais de notaire s’effectue généralement sur le prix d’achat hors frais d’agence, sauf si le mandat prévoit explicitement que les frais d’agence sont à la charge de l’acheteur. Ce détail, souvent glissé dans une petite ligne d’annonce, peut changer la base de calcul des droits de mutation. Pour un logement ancien, comptez entre 7 et 8 % du prix hors honoraires d’agence. Pour un bien neuf (VEFA), ces frais tombent à 2 ou 3 %.

Voici comment se répartissent les principaux postes de dépense liés aux frais de notaire :

    • Droits de mutation : environ 80 % du montant total, reversés au Trésor public ;
    • Émoluments du notaire : tarif réglementé, dégressif selon la valeur du bien ;
    • Frais et débours : dépenses pour les formalités et documents administratifs.

Illustrons avec un cas concret. Pour un appartement affiché à 350 000 euros, vendu sans frais d’agence, il faut prévoir près de 27 000 euros de frais de notaire à Paris. Si l’agence facture 15 000 euros d’honoraires à la charge de l’acheteur, la base taxable grimpe à 365 000 euros, ce qui alourdit la facture. Si ces frais d’agence sont réglés par le vendeur, ils n’entrent pas dans le calcul des frais de notaire.

Un point de vigilance : bien faire la différence entre prix FAI et prix net vendeur. Cette distinction a un impact direct sur le montant total que l’acheteur devra payer, notamment lors d’un achat immobilier en France.

Couple discutant avec agent immobilier au comptoir

L’impact concret de ces frais sur votre budget et les solutions pour mieux les anticiper

Les frais de notaire et frais d’agence pèsent lourd dans le budget d’un achat immobilier. Ces postes peuvent représenter plus de 10 % du prix du bien dans l’ancien, sans compter les éventuels frais de dossier, la garantie du prêt ou l’assurance emprunteur. Ce montant doit être financé comptant et réduit d’autant la capacité d’emprunt, car les banques incluent rarement les frais de notaire dans le crédit immobilier principal, contrairement à certains travaux ou à l’achat de mobilier.

Pour ne pas se laisser surprendre, il est indispensable d’estimer précisément ces frais dès la première visite. Les simulateurs en ligne proposés par les études notariales, actualisés selon le département, permettent d’obtenir une estimation fiable. À Paris, pour un prix net vendeur à 500 000 euros et un prix FAI équivalent, si les honoraires d’agence sont pris en charge par l’acheteur, cela représente plus de 2 000 euros supplémentaires de droits de mutation.

Plusieurs leviers permettent de limiter la facture :

  • Négocier les frais d’agence : leur taux varie selon l’agence, la localisation et le type de mandat. Il existe souvent une marge de négociation, surtout en mandat simple.
  • Augmenter l’apport personnel : cela réduit le montant à financer et rassure les établissements bancaires sur la solidité du projet.
  • Faire appel à un courtier en prêt immobilier : il peut vous aider à monter un dossier personnalisé, dans certains cas en intégrant une partie des frais d’acquisition à un prêt personnel.

Ne sous-estimez pas le montage financier global. Prévoyez un budget qui intègre à la fois les frais de notaire, la garantie du prêt, mais aussi les éventuels travaux, afin d’éviter les mauvaises surprises le jour de la signature.

À chaque étape, le moindre détail compte. Entre la négociation du mandat, le choix des options de financement et la lecture attentive des annonces, l’acheteur avisé garde la main sur son budget, et sur le tempo de son projet immobilier.

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